Aux Comores, le Ramadan commence bien avant le premier jour de jeûne. Dès le début de Chaabane, le mois qui le précède, les villages se préparent ensemble.
Préparer le mois
Les mosquées sont restaurées, repeintes et décorées, et les vieilles lampes remplacées. Les familles font des provisions. Beaucoup de mariages ont lieu pendant Chaabane, pour que les jeunes couples commencent leur vie avec les bénédictions du mois saint, et les notables se réunissent pour régler les différends, personnels, familiaux ou entre villageois.
La nuit de l'observation du croissant, les gens sortent dans les rues avec des torches. Dès qu'il est aperçu, des joueurs de tambour parcourent les villages pour fêter le début du Ramadan, et beaucoup veillent jusqu'au shour.
Les familles autour d'une même table
Le Ramadan est le mois des retrouvailles. De grands repas sont organisés devant les mosquées, et les plus démunis sont invités à les partager. Chaque famille réunit ses membres autour de la même table pour la rupture du jeûne, l'occasion de parler de la journée et de préparer le lendemain.
Donner
C'est le mois où ceux qui le peuvent aident ceux qui ne le peuvent pas. Les familles échangent des cadeaux, et la zakat al-fitr est scrupuleusement respectée : chaque foyer fait de son mieux pour la mettre de côté, même quand il a peu.
La table du Ramadan
La table de l'iftar est généreuse : thé, soupe au riz grillé et à la viande, grillades, frites, pain trempé dans un bouillon de légumes ou de viande, pommes de terre, sambousas, viande et poisson. Le riz y est rarement servi. Le repas le plus important reste le shour, avant l'aube : on peut prendre l'iftar à la légère, jamais le shour.
L'adieu au Ramadan
Le mois se termine par des chants d'adieu et par l'Aïd el-Fitr. Enfants, adultes et anciens mettent leurs habits neufs et se rendent ensemble à la mosquée ; chaque enfant reçoit des vêtements neufs de ses parents ou de sa famille. Des fêtes ont lieu dans tout le pays pour marquer la fin du jeûne et rendre grâce d'avoir vécu un Ramadan de plus.
*Ce récit a d'abord été présenté sur la télévision koweïtienne, chaîne 2, le 29 avril 2021.*




